
Le Burundi, un des pays les plus jeunes d’Afrique, fait face à de nombreux défis pour son développement. Parmi ces défis, l’égalité des sexes et l’autonomisation des jeunes émergent comme des priorités stratégiques pour un avenir plus prospère.
Avec près de 60 % de la population âgée de moins de 25 ans, le Burundi dispose d’une jeunesse dynamique, souvent marginalisée dans les décisions économiques et politiques. Pour permettre à cette frange de la population de contribuer au développement, il est crucial de créer des opportunités d’éducation et d’emploi. Celles-ci peuvent stimuler l’innovation, réduire la pauvreté et favoriser une croissance inclusive.
L’égalité et l’autonomisation des jeunes, particulièrement des jeunes femmes, sont des éléments clés de ce processus. Un atelier organisé à Gitega par ONU Femmes, UNFPA et le ministère de la Jeunesse, vise à promouvoir l’autonomisation des jeunes et leur engagement pour un développement durable. Ce programme de formation aborde des thèmes comme la lutte contre les violences basées sur le genre, l’inclusion sociale, et le rôle de la jeunesse dans la consolidation de la paix et la résilience face aux défis climatiques.
Lors de cet atelier, Mme Cynthia Kimana, Chargée de la Coordination et la Planification à l’ ONU Femmes Burundi, a souligné l’importance de cet atelier en affirmant : « Cet atelier n’est pas seulement une opportunité de formation, mais un appel à l’action. Les jeunes sont au cœur du développement du Burundi, et il est essentiel de leur donner les moyens de contribuer activement. » Elle a rappelé l’engagement de l’ONU Femmes pour faire de l’égalité des sexes une réalité concrète, non seulement dans les lois, mais aussi dans les pratiques quotidiennes, par l’éducation et la sensibilisation.
Cet atelier marque une étape cruciale pour l’autonomisation des jeunes Burundais. Les échanges se poursuivent dans un esprit de collaboration, avec l’espoir de résultats concrets pour un développement inclusif du pays. L’égalité des sexes, selon Mme Kimana, est indispensable pour un avenir prospère, où chacun peut contribuer sans être limité par des barrières de genre. Ce cadre normatif soutient la lutte contre les violences basées sur le genre et promeut une culture de respect et d’équité.
L’intégration des femmes dans le secteur de la paix et la sécurité
Malgré les progrès, l’intégration des femmes dans le secteur de la paix et de la sécurité reste insuffisante. Mme Kimana souligne : « L’inclusion des femmes dans ce secteur est cruciale pour apporter des perspectives différentes et innovantes dans les processus de décision en matière de paix et de sécurité. » Elle appelle à une participation de qualité des femmes dans ce domaine, pour que leur voix ait un impact réel.
Les femmes jouent un rôle essentiel dans la préservation et la promotion de la paix, particulièrement par leurs initiatives locales de médiation et de prévention des conflits. Mme Kimana rappelle que l’autonomisation des femmes doit dépasser les discours et se traduire par des actions concrètes, notamment en leur donnant les moyens de mener à bien leurs missions de paix.
En matière de résilience, elle évoque la notion de « nutrition coding » et de chaîne de valeur, soulignant que les femmes sont souvent au cœur de ces processus, surtout en période de crise. « Ce sont souvent les femmes qui assurent la continuité des besoins alimentaires et nutritionnels de leurs communautés, » précise Mme Kimana, plaidant pour un soutien accru pour renforcer leur résilience.
L’autonomisation des jeunes, quant à elle, va bien au-delà de l’égalité des chances. Elle implique un accès à des ressources et des formations pour permettre aux jeunes de devenir des acteurs du changement. Des programmes en entrepreneuriat, agriculture durable, ou technologies de l’information ouvrent de nouvelles perspectives à cette jeunesse, souvent désillusionnée par le manque d’opportunités.
L’inclusion des jeunes dans la gouvernance : un levier pour le développement du Burundi
L’inclusion des jeunes dans les processus politiques du Burundi est essentielle pour dynamiser la gouvernance et promouvoir le développement durable. Actuellement, peu de jeunes occupent des postes décisionnels, limitant ainsi l’impact des idées novatrices et des solutions créatives qu’ils peuvent apporter. Le président du Conseil National de Jeunesse au Burundi, en soulignant ce manque de représentation, a affirmé : « Il est impératif de permettre aux jeunes d’occuper une place importante dans la prise de décision pour que le pays bénéficie de leur énergie et de leurs idées nouvelles. » En intégrant davantage de jeunes dans les institutions gouvernementales, le Burundi pourrait se doter d’une jeunesse engagée, responsable, et capable de contribuer au développement à long terme.
Cependant, plusieurs obstacles demeurent. Le pays traverse une crise politique et économique prolongée, possède un système éducatif fragile et des infrastructures insuffisantes. La pauvreté, combinée aux conflits sociaux, complique la mise en place de politiques publiques efficaces. Par ailleurs, des résistances culturelles perdurent, notamment dans les zones rurales où les rôles traditionnels de genre limitent l’émancipation des jeunes, particulièrement des jeunes filles.
Pour amorcer ce changement, une approche globale est nécessaire, alliant des politiques publiques audacieuses à des actions de sensibilisation et de formation. Le président du Conseil National de Jeunesse a insisté sur le fait que « la participation active des jeunes dans les processus décisionnels est cruciale pour le développement du pays. » Il a également rappelé que la communauté internationale joue un rôle clé en soutenant les initiatives locales. Les partenariats public-privé, les organisations internationales et les ONG peuvent accompagner l’entrepreneuriat des jeunes et l’insertion professionnelle des femmes, permettant ainsi une transformation sociale et économique positive.
Investir dans l’égalité des sexes et l’autonomisation des jeunes représente un défi majeur pour le Burundi, compte tenu de la situation actuelle. Cependant, c’est également une occasion de revitaliser l’économie, de renforcer la cohésion sociale et de donner un véritable sens à la prospérité nationale. Le Burundi sera-t-il prêt à saisir cette chance, ou continuera-t-il à laisser passer cette opportunité précieuse ?
Ferdinand Mbonihankuye