
Spécialisée dans la nutrition et la santé, l’Université de Gitega a lancé sa première année académique ce mardi 13 janvier 2026. Placée sous tutelle religieuse, cette institution marque un tournant dans le développement de l’enseignement supérieur burundais, malgré des débuts modestes.
L’Université de Gitega a officiellement ouvert ses portes pour l’année académique 2025-2026, inaugurant ainsi un nouveau chapitre dans l’histoire de l’enseignement supérieur au Burundi. Située sur la colline Simba, dans la commune et la province de Gitega, cette institution spécialisée dans la nutrition, la santé et les sciences médicales est placée sous la tutelle de la Congrégation religieuse Œuvre Apostolique Vie Nouvelle pour la Réconciliation (OAVNR). Sur le plan juridique, elle est représentée par Monseigneur Simon Ntamwana, ancien archevêque du diocèse archidiocésain de Gitega.

Les cérémonies d’ouverture ont débuté par une messe célébrée par le prélat, qui a rappelé la responsabilité de l’humanité dans la gestion de la planète. « La Terre doit être bien gérée afin qu’elle soit pour tous une source de vie saine », a-t-il souligné, précisant que cette vision constitue le socle de la mission de l’université : améliorer la santé de la population burundaise. Monseigneur Ntamwana a rendu grâce à Dieu pour l’aboutissement de ce projet éducatif et a invoqué l’Esprit Saint pour accompagner étudiants et personnel dans leur quête d’excellence. Il a exhorté les apprenants à faire preuve de sérieux et de discipline, leur rappelant que de bons résultats académiques pourraient leur ouvrir des opportunités professionnelles.
Un projet salué par les autorités locales
L’administrateur communal de Gitega, Dr Jacques Nduwimana, a salué cette initiative qu’il considère comme un facteur de transformation pour la commune. Il s’est particulièrement réjoui de la présence d’infrastructures d’hébergement au sein de l’université, facilitant ainsi l’accès à l’éducation pour les étudiants venus de différentes régions. Le responsable communal a appelé la population à protéger cette institution, notamment en veillant à sa sécurité, tout en reconnaissant que le développement peut parfois s’accompagner de défis sécuritaires. Il a également encouragé les parents à y inscrire leurs enfants et recommandé aux dirigeants de l’université d’établir des partenariats avec d’autres institutions, notamment l’EANSI, pour promouvoir la recherche dans le domaine de la nutrition.

Un message rejoint par l’ensemble des intervenants, qui ont unanimement salué un projet appelé à jouer un rôle clé dans le développement du pays, en particulier dans le secteur de la santé publique.
Un parcours semé d’embûches
L’histoire de l’Institut Supérieur d’Instruction Paramédicale de Simba, partie intégrante de ce projet universitaire, témoigne d’un parcours difficile mais porteur d’espoir. Selon les fondateurs, le chemin vers l’ouverture a été marqué par de nombreux obstacles : la pandémie mondiale, les ajustements réglementaires, les contraintes financières et des changements de plans ayant nécessité une adaptation permanente. Chaque difficulté a constitué une leçon, chaque retard une occasion de renforcer la détermination des porteurs du projet.
Aujourd’hui, l’université franchit une étape décisive, bien qu’avec des moyens encore modestes. L’ensemble des intervenants ont unanimement salué cette initiative, estimant qu’elle apportera une contribution majeure au développement du pays, particulièrement dans le secteur de la santé publique. L’avenir de l’institution demeure cependant suspendu aux efforts collectifs de son équipe, à l’engagement de ses étudiants et au soutien que la communauté saura mobiliser. Dans un pays où les besoins en formation médicale et paramédicale restent criants, cette université représente bien plus qu’un établissement d’enseignement : elle incarne l’espoir d’une jeunesse mieux formée, capable de répondre aux défis sanitaires du Burundi de demain.